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Désarroi des déplacées internes du site peuhl à Zemio

Avec les crises qui persistent, la population de la Centrafrique se retrouvent à fuir d’une préfecture à une autre. Dans le cadre de sa mission à Zemio, le 26 mars 2020, le Représentant a visité le site de déplacés peuhls, qui regroupe à lui seul 12.000 personnes dont une majorité d’enfants et des femmes.

Dans les différents entretiens qu’il a eu tour à tour avec les hommes et les femmes vivants sur le site, il a été ressorti différents problèmes auxquels font face les déplacés au quotidien.

Au niveau sanitaire, les habitants du site peuhls ont fait remarquer qu’ils n’ont pas accès facilement aux soins de santé car l’hôpital de Zemio se trouve à une distance assez conséquente du site, ils n’ont pas suffisamment de moyen pour se payer un moyen de transport n’ayant plus aucune source de revenus. De plus, ils souffrent de stigmatisation pour ceux qui ont la chance de s’y rendre de la part des prestataires. Néanmoins, pour faire face à cette crise, l’hôpital envoie un prestataire de santé par semaine qui se rend sur le site pour offrir des services de consultations mais les frais exiges sont hors de portée des déplacés.

Au niveau de l’éducation, il n’y a pas d’école dans le camp pour permettre aux enfants d’avoir accès à l’école, et les parents n’ayant pas une source de revenue, ne sont pas capable de payer les frais scolaires qu’on leur demande pour les écoles se trouvant en dehors du camp.

Au niveau de l’hygiène, de l’eau et de l’assainissement, il n’y a qu’un seul puit pour tout le monde et les latrines sont dans un état de délabrement et saleté. Ce qui fait que pendant la saison pluvieuse qui est en train de s’installer, ces latrines vont déborder et les déchets vont envahir le site et poser un problème sanitaire par la suite, (plusieurs cas de diarrhée par exemple) 

Au niveau de l’alimentation, il se pose un problème de vivres. Avec le problème d’infrastructures routières, le ravitaillement de la ville de Zemio se fait tous les 2 ou 3 mois, dépendamment des conditions climatiques, la saison pluvieuse accentuant la dégradation des routes. Cela n’arrange rien car la distribution des rations se fait tous les trois mois et les portions sont souvent petites pour couvrir les besoins des trois mois.

Avec toutes ces conditions, c’est la femme qui se retrouve à souffrir. Ayant perdu tous ce qu’ils avaient durant la guerre (bovins, caprins, etc.), les femmes se retrouvent à travailler durement pour trouver d’autres sources de revenus et sont obligées de s’adapter à de nouvelles habitudes alimentaires pour offrir à manger à leurs enfants et maris, car ces derniers ne peuvent pas se donner à d’autres activités outre que l’élevage. C’est ainsi que les femmes se retrouvent à cultiver des champs sur des petits lopins de terre au sein du camp pour faire vivre leurs familles. Sinon, elles vont cultiver dans la brousse et au retour, elles se font agresser par les rebelles qui se trouvent dans la ville.

Durant une interview accordée par ces femmes, qu’on appelle au sein des camps « Des femmes, cheffes de ménage », elles ont demandé à ce qu’a travers les acteurs présents sur place, on puisse voire s’accorder pour leur donner des formations sur comment mener des activités génératrices de revenus. Mais aussi, avec les conditions de vie qui ont changé, elles veulent toutes se tourner vers l’agriculture, pour cela, elles ont besoins de lopins de terre pour cultiver et des semences.

Dans sa réponse, le Représentant a promis de faire un plaidoyer auprès des agences du système de Nations Unies pour voir comment ils peuvent, ensemble, trouver des solutions sur certains de leurs problèmes. Également, pour aider à alléger les conditions des femmes cheffes de ménage, UNFPA va envoyer des kits de dignité à ces dernières. Cela permettra de réorienter les frais de certaines dépenses qui étaient destiné à l’achat de seau, des pagnes, des papiers hygiéniques et autres pour autres choses pour la condition de vie de sa famille.