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ENQUÊTE RAPIDE SUR LES SOINS OBSTETRICAUX ET NEONATAUX D’URGENCES (ER SONU)

Contexte et justification

La République Centrafricaine est un vaste territoire de 623.000 km2. La population est d’environ cinq (05) millions d’habitants .

L’Etat centrafricain, avec l’aide de ses partenaires a déployé pas mal d’efforts visant à l’amélioration des conditions des populations avec un accent particulier sur la santé, notamment la santé maternelle et néonatale. Le pays a souscrit aux déclarations et résolutions internationales qui soustendent la politique et les stratégies en matière de santé. Dans ce cadre, un Plan de Développement Sanitaire (PNDS 2006-2015) avec des orientations fondées sur les soins de santé primaires et l’initiative de Bamako a été élaboré. Par ailleurs, des textes législatifs et réglementaires ont été pris pour orienter les interventions dans le secteur de la santé.

Les efforts consentis pour améliorer la santé en général et celle de la mère et de l’enfant en particulier, ont été insuffisants. Cette situation s’explique par un environnement difficile caractérisé par des crises militaro-politiques récurrentes, l’état désastreux des routes, l’analphabétisme, la pauvreté, etc. Tous ces facteurs contribuent à la faible utilisation des services de la santé (accessibilité géographique, financière, culturelle…) mais également rend l’approvisionnement en médicaments, matériel, intrants, évacuations/référence sanitaires, supervision difficiles.

Si l’on se réfère à la mortalité, une recrudescence est observée dans le temps : le niveau de la mortalité infantile est passé de 97 pour 1000 naissances en 1995 (EDS, 1994-1995) à 132 pour 1000 naissances en 2003 (RGPH, 2003), 106 pour 1000 naissances en 2006 (MICS 3) pour atteindre 116 pour 1000 naissances en 2010 (MICS 4). Le milieu rural présente un tableau plus sombre par rapport au milieu urbain. Ainsi, la mortalité infantile est de 116 pour 1000 naissances dans les zones urbaines contre 141 pour 1000 naissances dans les zones rurales en 2003 (RGPH, 2003) et de 100 pour 1000 naissances dans le milieu urbain contre 126 pour 1000 naissances dans le milieu rural en 20010 (MICS 4).

S’agissant de la mortalité maternelle, une hausse tendancielle est également enregistrée et ce, bien avant la crise de 2013. Le niveau est passé de 683 décès pour 100000 naissances vivantes en 1988 (RGPH, 1988) à 948 en 1995 (EDS, 1994/1995), 1335 en 2003 (RGPH, 2003) pour se stabiliser à 882 en 2019 (Rapport état de la Population Mondiale du Système des Nations Unies). Ces chiffres indiquent que le risque de décès encouru par les femmes enceintes demeure élevé en Centrafrique.

Par ailleurs, l’utilisation des services essentiels de santé maternelle et infantile et des services de santé de la reproduction demeure très faible, particulièrement dans les zones rurales. D’après l’enquête MICS4 en 2010, 68% des femmes enceintes sont allées en consultation prénatale au niveau national. Ce pourcentage atteint 88% en milieu urbain contre 57% en milieu rural. L’assistance qualifiée à l’accouchement n’est pas généralisée : 53% en 2006 (MICS 3) et environ 54% en 2010 (MICS 4) des accouchements ont été assistés par un personnel qualifié. En milieu rural, ce taux est de 36% contre 83% dans les zones urbaines en 2006 (MICS 3) et de 28% contre 83% dans les milieux urbains en 2010 (MICS 4).